237 millions. C’est le nombre de véhicules thermiques en circulation aujourd’hui sur les routes européennes. Derrière ce chiffre, une révolution s’annonce : en 2035, la page se tournera pour de bon sur l’ère des moteurs essence et diesel. Ce bouleversement, dicté par Bruxelles, ne concerne pas seulement quelques modèles emblématiques, il redessine la carte même de la mobilité dans chaque ville, chaque village, chaque foyer du continent.
Les restrictions ne s’arrêteront pas là : dès 2025, de nombreuses zones à faibles émissions, déjà mises en place dans les grandes villes, renforceront leurs exigences, bannissant l’accès à certains véhicules essence ou diesel, parfois même aux modèles récents. Quelques constructeurs de prestige bénéficient de répit ou de régimes d’exception, mais la pression s’intensifie aussi sur le marché de l’occasion, qui verra ses marges de manœuvre se réduire progressivement à partir de cette échéance.
Ce que prévoit la réglementation européenne pour 2035 : fin programmée des véhicules thermiques
L’Union européenne impose un calendrier serré qui bouleverse l’automobile : à partir de 2035, la commercialisation des voitures neuves à moteur thermique deviendra tout simplement impossible. Objectif affiché : rendre le secteur des transports neutre en carbone. Toutes les motorisations classiques sont concernées, qu’il s’agisse de citadines compactes, de SUV, d’utilitaires ou de berlines familiales. Sur l’ensemble du territoire, la note est la même pour tous.
En France, près de 90 % du parc continue d’avancer grâce à l’essence ou au diesel. Les constructeurs accélèrent le virage vers l’électrique. On assiste à une redistribution massive des investissements avec, à la clé, des lancements en rafale de modèles zéro émission. Dès 2035, toute voiture neuve fonctionnant à l’essence, au diesel ou avec une technologie hybride non rechargeable disparaîtra définitivement des catalogues.
Dans cette nouvelle donne, rien ne se décide en une nuit : les véhicules déjà immatriculés pourront continuer à rouler, mais la mutation s’imposera d’abord au marché du neuf. Plus aucune place en devanture pour les modèles rejetant du CO₂ à l’échappement, hormis quelques exceptions très ciblées. Pour la grande majorité, rouler au carburant fossile après 2035 signifiera franchir la ligne rouge fixée par l’Union européenne.
Quels modèles seront réellement interdits à la vente et à la circulation ?
Dans le détail, l’interdiction vise l’ensemble des véhicules thermiques neufs. Que l’on achète une petite citadine, un break familial ou un utilitaire léger, à partir du 1er janvier 2035, la commercialisation s’arrête net pour tout modèle essence ou diesel. Les hybrides non rechargeables disparaissent aussi du paysage automobile : seuls les véhicules zéro émission d’échappement restent autorisés à la vente.
Pour y voir plus clair sur chaque type de motorisation, ce tableau synthétise ce qui restera possible après 2035 :
| Type de véhicule | Statut après 2035 |
|---|---|
| Essence, diesel (tous modèles neufs) | Interdits à la vente |
| Hybride non rechargeable (neuf) | Interdits à la vente |
| Hybride rechargeable, 100 % électrique, hydrogène | Autorisé |
Qu’en est-il des voitures immatriculées avant 2035 ? Aucun bannissement immédiat, mais la pression réglementaire augmentera progressivement, notamment avec la multiplication des zones à faibles émissions. La législation européenne cible le marché du neuf : la liste dépasse largement les modèles emblématiques et englobe toutes les voitures thermiques, qu’elles proviennent de marques françaises ou étrangères, qu’elles soient récentes ou plus anciennes. À partir de là, seuls les modèles électriques, à hydrogène ou hybrides rechargeables pourront trouver leur place dans les showrooms.
Zones à faibles émissions : comment ces nouvelles règles vont transformer le quotidien des conducteurs
Partout en France, la carte des zones à faibles émissions se densifie. Paris, Lyon, Marseille, Grenoble, Strasbourg, Rouen, Dunkerque ou Perpignan, toutes ces villes imposent des critères de plus en plus stricts pour circuler. La fameuse vignette Crit’Air devient un sésame ou un obstacle, selon le numéro affiché sur le pare-brise. Dès 2025, les véhicules Crit’Air 4, 5 ou sans classement seront progressivement exclus, et ce, parfois même s’ils ont moins de dix ans.
Conséquence concrète : les conducteurs doivent ajuster trajectoires et habitudes. Remplacer un véhicule, repenser ses trajets quotidiens ou anticiper un simple déplacement en centre-ville relève d’un vrai casse-tête pour beaucoup. Déposer les enfants à l’école, se rendre sur son lieu de travail ou passer chez le médecin dépend désormais du classement Crit’Air de la voiture.
Ce sont aussi les professionnels qui encaissent le choc : artisans, livreurs ou indépendants, tous doivent moderniser leur flotte pour continuer à exercer et assumer les coûts de cette mutation. La politique locale accélère la sortie du diesel, bouleversant l’organisation urbaine autour de la qualité de l’air et la lutte contre la pollution. La voiture individuelle, de simple outil du quotidien, devient un enjeu de transformation collective.
Voitures de luxe, collection, utilitaires : qui pourra encore rouler après 2035 ?
La législation n’oublie pas les passionnés d’automobile ancienne. Les voitures de collection bénéficient d’un statut spécial. Détenir une vieille Citroën DS ou une Aston Martin soigneusement entretenue restera envisageable, à condition d’obtenir le certificat idoine, la règle restant de protéger ces témoins du passé sans en faire un frein à la transition globale. Ces véhicules circuleront toujours, mais devront respecter, comme les autres, les restrictions locales, notamment dans les zones à faibles émissions.
Pour les voitures de luxe, l’équation diffère. Les fabricants de prestige s’adaptent : Ferrari, Bentley ou Rolls-Royce préparent la mutation. Néanmoins, les hypercars et séries spéciales à moteur thermique produites après 2035 ne pourront plus être vendues neuves en Europe. Les modèles déjà sur la route garderont un droit de circuler, sauf décision contraire des collectivités locales, qui pourront restreindre leur accès à certains périmètres sensibles.
Côté utilitaires et poids lourds, le calendrier se veut plus souple. Des dérogations sont envisagées pour tenir compte des contraintes de la logistique urbaine ou des réalités rurales, dans des territoires où l’électrique peine à s’imposer. L’évolution tarifaire de l’assurance suivra de près la transformation du parc roulant, en particulier pour les véhicules thermiques maintenus en circulation après 2035. Les arbitrages à venir seront décisifs pour les professionnels comme pour les particuliers à budget contraint.
2035 approche à grands pas. Le paysage automobile européen, longtemps dominé par le thermique, s’apprête à changer de visage. Reste à chaque conducteur le choix d’adapter sa trajectoire ou d’assister, en spectateur, à la fin d’une époque.


